Résumé
On imagine l’usage qu’une diplomatie européenne cohérente, imaginative, audacieuse aurait pu
faire de ce document. On imagine aussi quel renfort aurait été, pour le camp de la paix israélien,
une Europe résolue à défendre l’existence et la sécurité d’Israël, mais assez ferme pour rappeler
aux gouvernements israéliens successifs que les Palestiniens n’étaient pas les seuls à avoir des
devoirs. On imagine enfin quel soutien aurait été, pour l’Autorité palestinienne et le camp de la
paix palestinien, une Europe généreuse, mais aussi courageuse et capable d’assumer une
position commune.
Faut-il s’attendre, avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, à des changements majeurs ? Il
est encore trop tôt pour le dire, mais les premiers signes sont encourageants. Il serait
important qu’à un pareil moment, l’Europe soit capable, à son tour, de tenir à Israël un
discours d’amitié, mais aussi de fermeté. Les deux documents des chefs de mission à
Jérusalem et à Ramallah pourraient aisément nourrir une réflexion sur ce point. À
condition de ne pas moisir au fond d’un tiroir.